Vous êtes propriétaire d'un logement chauffé à l'électricité, vous avez entendu parler de la réforme du DPE 2026, et vous vous demandez si votre lettre va remonter sans travaux. Oui, depuis le 1er janvier 2026, le DPE de certains logements chauffés à l'électricité s'améliore d'une classe, parfois deux pour les petites surfaces. Cette amélioration n'est pas automatique pour autant : elle dépend de la proximité de votre logement avec le seuil entre deux classes, et la classe finale du DPE reste celle de la pire des deux étiquettes (énergie ou climat). L'estimation gouvernementale initiale annonçait environ 850 000 logements sortant du statut de passoire grâce à ce seul changement de calcul ; les services statistiques du ministère ont depuis affiné ce chiffre autour de 700 000 résidences principales. Dans tous les cas, la photo est la même : un parc électrique massivement reclassé, et une facture qui, elle, ne baisse pas d'un euro.
Vous avez entendu parler de la réforme du DPE, et vous vous demandez si votre lettre va remonter sans que vous ayez à toucher à rien. La réponse est oui, à trois conditions cumulatives, et autant être direct : si l'une des trois manque à l'appel, l'étiquette ne bouge pas.
Première condition, votre logement doit être chauffé à l'électricité. Cela couvre largement plus que les convecteurs : radiateurs à inertie, panneaux rayonnants, plancher chauffant électrique, pompe à chaleur (air-air ou air-eau), chauffe-eau électrique ou thermodynamique. Tous ces équipements profitent de la réforme. Si votre chauffage principal est au gaz, au fioul ou au bois, votre étiquette ne change quasiment jamais : seule votre part électrique résiduelle (éclairage, ventilation, auxiliaires) profite du nouveau coefficient, un poids trop faible pour faire franchir un seuil de classe.
Deuxième condition, votre logement doit être proche d'un seuil entre deux classes. Le DPE découpe la consommation d'énergie primaire en sept paliers (de A à G), et la réforme abaisse mécaniquement la consommation affichée d'environ 17 %. Si vous étiez confortablement installé au milieu de votre classe, vous y restez. Si vous étiez à dix kWh du seuil supérieur, vous passez la barre.
Troisième condition, l'étiquette climat ne doit pas tirer votre classe finale vers le bas. La classe officielle de votre DPE correspond toujours à la moins bonne des deux étiquettes, celle de la consommation d'énergie ou celle des émissions de CO₂. Un peu comme un bulletin scolaire calé sur votre plus mauvaise matière, peu importe les autres. Si votre étiquette climat est F, votre DPE reste classé F, même si l'étiquette énergie remonte en D. En pratique, ce cas est extrêmement rare pour un logement électrique : l'électricité française étant peu carbonée grâce au nucléaire, c'est presque toujours l'étiquette énergie qui est la plus mauvaise des deux, pas l'étiquette climat. Cette troisième condition est donc, dans l'immense majorité des cas, déjà remplie sans même que vous ayez à la vérifier.
Voilà la grille. Reste à comprendre ce que la réforme change dans le calcul, c'est là que ça devient concret.
Le DPE ne s'appuie pas sur votre facture, mais sur la consommation théorique du logement, exprimée en énergie primaire. L'énergie primaire, c'est l'énergie qu'il a fallu mobiliser à la source pour produire et acheminer celle que vous consommez réellement chez vous (l'énergie finale). Pour le gaz, le fioul ou le bois, on considère qu'il faut un kWh à la source pour un kWh à la maison : le coefficient est de 1. Pour l'électricité, le DPE applique un coefficient plus élevé, pour tenir compte des pertes au transport et de l'énergie utilisée par les centrales.
Jusqu'au 31 décembre 2025, ce coefficient était de 2,3 : un kWh d'électricité consommé chez vous comptait pour 2,3 kWh d'énergie primaire dans le DPE. Depuis le 1er janvier 2026, il est passé à 1,9, par l'arrêté du 13 août 2025, publié au Journal officiel le 26 août 2025. Cette valeur aligne la France sur la valeur par défaut prévue par la directive européenne sur l'efficacité énergétique. Elle reste cohérente avec la réalité du mix électrique français, décarboné à plus de 90 % grâce au nucléaire et aux renouvelables.
Concrètement, ce changement abaisse d'environ 17 % la consommation d'énergie primaire affichée pour la part électrique de votre logement. Votre logement consomme exactement la même chose qu'avant, vous payez exactement le même prix au fournisseur : seul l'affichage change dans le DPE. Les seuils des classes A à G (en kWh EP/m²/an) n'ont pas bougé non plus, seul le calcul de la consommation affichée a été allégé pour la part électrique.
| Énergie de chauffage | Coefficient avant 2026 | Coefficient depuis le 1er janvier 2026 |
|---|---|---|
| Électricité | 2,3 | 1,9 |
| Gaz, fioul, bois | 1 | 1 (inchangé) |
Sur cette base mécanique, tous les logements chauffés à l'électricité ne sont pas logés à la même enseigne. Il faut regarder votre profil.
Dans un DPE, le calcul porte sur cinq postes : chauffage, eau chaude sanitaire, climatisation, éclairage et auxiliaires (ventilation, pompes). Le chauffage en représente la part la plus importante, en général 60 à 70 % selon le logement, devant l'eau chaude sanitaire (autour de 10 à 15 %). C'est lui qui tire le résultat vers le haut ou vers le bas. Plus la part électrique pèse dans votre logement, plus la réforme peut faire bouger les choses. Voici comment se répartissent les cas.
| Votre situation | Probabilité de gain de classe | Pourquoi |
|---|---|---|
| Tout électrique, classé F ou G près du seuil supérieur | Forte, gain d'une classe fréquent | Le chauffage pèse lourd dans le calcul, la baisse de 17 % suffit souvent à franchir le seuil. |
| Tout électrique, petite surface (40 m² ou moins) | Très forte, parfois deux classes | Cumul possible avec le correctif petites surfaces (arrêté du 25 mars 2024), si votre DPE a été réalisé entre le 1er juillet 2021 et le 1er juillet 2024 : deux attestations distinctes à télécharger, aucune n'étant générée automatiquement. Pour les DPE réalisés après le 1er juillet 2024, les seuils petites surfaces sont déjà intégrés, une seule attestation 2026 suffit. |
| Tout électrique, bien isolé, classé D ou E | Modérée | Gain possible vers C ou D selon la proximité du seuil. |
| Chauffage électrique principal avec appoint bois ou granulés | Forte | Les systèmes mixtes étaient pénalisés et retrouvent une notation plus juste. |
| Chauffé au gaz, fioul ou bois | Quasi nulle | Le coefficient de ces énergies n'a pas changé. |
Deux repères pour situer votre cas. L'estimation gouvernementale initiale, publiée à la sortie de l'arrêté du 13 août 2025, parlait d'environ 850 000 logements sortant du statut de passoire grâce à ce seul changement de calcul, sur les 4,8 millions de passoires recensées au 1er janvier 2023. Le service des données et études statistiques du ministère a depuis ramené ce chiffre autour de 700 000 résidences principales, sur la base d'un parc 2025 déjà allégé par la réforme petites surfaces de juillet 2024. À l'échelle nationale, environ 23 % des logements gagneraient une classe ; chez les petites surfaces, ce taux monte à 41 %. À Paris, où le chauffage électrique est sur-représenté dans le parc ancien, environ un tiers des G basculent en F et près de deux tiers des F en E grâce au seul changement de coefficient.
Le gouvernement a tenu à acter un point dans le texte : aucun logement ne verra son DPE se dégrader à cause de la réforme. Au pire, votre classe reste identique.
Reste à comprendre pourquoi cette amélioration énergie ne se traduit pas toujours par une meilleure classe finale.
Depuis la réforme du 1er juillet 2021, la classe officielle de votre DPE correspond toujours à la moins bonne des deux étiquettes, celle de la consommation d'énergie ou celle des émissions de CO₂. La réforme 2026 améliore uniquement l'étiquette énergie. L'étiquette climat, elle, ne bouge pas d'un kilo de CO₂.
Cette mécanique explique pourquoi tant de logements chauffés à l'électricité ne profiteront pas du nouveau coefficient. Si votre logement combine un chauffage électrique et une eau chaude au gaz par exemple, l'étiquette climat peut rester défavorable et plafonner votre classe. Même chose si vous étiez classé G en partie parce qu'un poste fossile pesait sur les émissions : l'étiquette climat tient bon, et la classe finale aussi.
L'autre limite vaut d'être posée clairement : votre facture ne baisse pas d'un centime avec la réforme. Le confort thermique, les courants d'air, l'inertie des murs, tout reste identique. C'est l'affichage du DPE qui évolue, pas votre logement. Un DPE qui passe de F à E grâce au nouveau coefficient ne rend pas un logement moins énergivore, il le rend juste mieux noté.
Si vous êtes dans les cas où la réforme joue en votre faveur, encore faut-il pouvoir le prouver. C'est là qu'intervient l'attestation gratuite de l'ADEME.
Vous n'avez pas besoin de refaire un DPE pour bénéficier du nouveau coefficient. Depuis le 1er janvier 2026, l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME génère gratuitement une attestation officielle, qui remplace l'étiquette de votre DPE actuel. Pas de visite, pas de diagnostiqueur, pas de frais. En pratique, l'opération prend quelques minutes une fois le numéro ADEME en main.
Pour la lancer, il vous faut le numéro ADEME à 13 chiffres qui figure en première page de votre DPE, dans le bloc d'identification, le plus souvent en haut à droite, parfois à côté d'un QR code. Sans ce numéro, l'attestation ne peut pas être générée, et c'est aussi le signe que votre DPE n'est pas enregistré dans la base officielle. Vous saisissez ce numéro sur le site de l'Observatoire, le système recalcule automatiquement votre étiquette avec le coefficient à 1,9, et vous téléchargez l'attestation.
Trois situations possibles selon la date de votre DPE :
Si votre DPE a été édité entre le 1er juillet 2021 et le 31 décembre 2025 : vous êtes le public cible. L'attestation s'applique à votre DPE, elle conserve la durée de validité du diagnostic d'origine, et peut être utilisée en vente comme en location. Elle se joint au DPE initial, c'est ce duo qui fait foi.
Si votre DPE a été édité à partir du 1er janvier 2026 : il intègre déjà le coefficient 1,9. Pas besoin de télécharger quoi que ce soit, votre étiquette est déjà à jour.
Si votre DPE date d'avant le 1er juillet 2021 : il n'est plus valable depuis le 1er janvier 2025 (loi Climat et Résilience). L'attestation ne s'applique pas à votre situation, il faut refaire un DPE complet avant toute vente ou mise en location. Comptez 150 à 300 € pour un appartement et 250 à 500 € pour une maison en Île-de-France en 2026, variable selon la surface et la complexité du bâti.
Et si votre logement est chauffé au gaz, au fioul ou au bois ? Vous pouvez générer l'attestation, mais elle ne changera pas votre classe : seule la part électrique du logement (auxiliaires, éclairage, parfois eau chaude) profite du nouveau coefficient, et cette part est trop faible pour faire bouger l'étiquette. Pour un logement mixte, par exemple chauffage gaz mais ballon d'eau chaude électrique, une légère évolution est possible, sans forcément changer de classe.
Une fois l'attestation en main, ou une fois confirmé que votre classe ne bouge pas, la vraie question arrive : faut-il encore prévoir des travaux ?
La réforme 2026 a changé une chose, et une seule : l'affichage du DPE pour les logements électriques. Le calendrier des interdictions de location en France métropolitaine, lui, n'a pas bougé d'une virgule. Les G ne peuvent plus être loués dans un nouveau bail, un renouvellement ou une reconduction tacite depuis le 1er janvier 2025 ; un bail signé avant cette date peut se poursuivre jusqu'à son terme. Les F suivront au 1er janvier 2028, les E au 1er janvier 2034 (loi Climat et Résilience). En Outre-mer, le calendrier est décalé : G interdit en 2028, F en 2031. Le gel des loyers des F et G, en place depuis le 24 août 2022, reste également en vigueur, ni augmentation au renouvellement, ni indexation, ni complément de loyer en zone tendue.
Voilà ce que ça change concrètement, selon votre point de départ.
Si vous étiez classé G et que la réforme vous fait passer en F ou en E : vous récupérez le droit de relouer (votre G était bloqué depuis 2025) et le droit d'indexer votre loyer si vous remontez en E. C'est un vrai sursis, pas une exemption. Si vous passez en F, l'échéance suivante tombe au 1er janvier 2028, c'est-à-dire moins un peu plus d'un an pour décider d'une stratégie. Si vous passez en E, vous avez jusqu'au 1er janvier 2034 pour préparer une rénovation maîtrisée. Dans les deux cas, profitez de cette respiration pour cadrer, pas pour oublier le sujet.
Si vous étiez classé E et le restez : la pression réglementaire n'est pas immédiate, mais 2034 approche plus vite qu'on ne le croit. Anticiper sur trois à cinq ans une trajectoire de travaux (priorité enveloppe, puis ventilation, puis équipements) coûte beaucoup moins cher qu'une rénovation forcée dans l'urgence à dix-huit mois de l'échéance.
Si vous étiez F ou G et que vous le restez : la réforme ne vous sort pas du problème. Pour vendre une maison individuelle ou un immeuble en monopropriété (immeuble entier détenu par un seul propriétaire), l'audit énergétique réglementaire est obligatoire depuis le 1er avril 2023 pour les F et G, étendu aux E depuis le 1er janvier 2025. La vente d'un appartement en copropriété n'y est pas soumise : le DPE individuel suffit. Pour louer, l'horizon 2028 est très court. Il faut entrer dans une démarche structurée, en commençant par un état complet du logement avant tout devis travaux.
Chez Le Bon Scénario, on observe que la réforme 2026 a surtout un effet pervers chez les propriétaires qu'elle aide. Voir son DPE remonter d'une classe sans rien faire crée une impression de problème réglé, alors que le confort, la facture, et les obligations futures restent inchangés. Une lettre sur un document ne remplace pas une enveloppe isolée. La bonne question n'est pas "comment maximiser ma classe sur le papier", c'est "quelle trajectoire de travaux fait sens pour mon projet, et pour quel budget".
C'est ce travail amont qui distingue une rénovation qui fait gagner deux classes d'une rénovation qui en fait gagner une demie pour le même budget. C'est exactement ce que le Plan de Performance Énergétique (PPE) du Bon Scénario propose, à partir de 790 € : trois scénarios de travaux chiffrés, calibrés sur votre projet réel (sortie de passoire, futur achat, baisse de facture, confort d'été), avec pour chacun la lettre DPE estimée après travaux.