En vente, le DPE est à la charge du vendeur. En location, il est à la charge du bailleur. Le locataire ne paie jamais le DPE, c'est la loi, et cette dépense n'est pas non plus récupérable en charges. Quelques nuances existent autour de ce socle : un vendeur et un acheteur peuvent contractuellement convenir d'un partage (rare en pratique), une agence immobilière peut "offrir" le diagnostic en échange d'un mandat exclusif, et en copropriété le DPE collectif fonctionne sur un tout autre régime, financé par l'ensemble des copropriétaires.
Le titre de la question oppose "vendeur, propriétaire ou locataire" comme s'il s'agissait de trois statuts distincts. Or un vendeur est un propriétaire, et un bailleur aussi. La vraie ligne de partage, c'est entre celui qui détient le bien (qui paie) et celui qui l'occupe ou s'apprête à l'occuper (qui ne paie pas).
Vous arrivez probablement avec un devis ou une facture sous les yeux. Voici la réponse directe.
| Votre situation | Qui paie le DPE |
|---|---|
| Vous vendez un logement ancien | Vous, le vendeur |
| Vous mettez un logement en location | Vous, le bailleur |
| Vous êtes locataire | Personne ne peut vous le facturer |
| Vous achetez un bien existant | Le vendeur, sauf accord écrit contraire (très rare) |
| Vous achetez en VEFA (logement neuf sur plan) | Le promoteur, qui en est le maître d'ouvrage |
| Vous faites construire votre maison | Vous, vous êtes le maître d'ouvrage |
| Votre copropriété fait réaliser un DPE collectif | La copropriété, réparti aux tantièmes |
Cette synthèse couvre la grande majorité des cas. Les exceptions (agence en mandat exclusif, succession, indivision) sont traitées plus bas. On reprend maintenant chaque ligne en posant la base juridique, parce que c'est elle qui vous permet de tenir votre position si on essaie de vous facturer ce qui n'est pas à vous.
Si vous êtes propriétaire, la charge du DPE vous revient. Ce n'est pas une question d'usage commercial, c'est une obligation d'information posée par la loi.
Pour la vente, c'est l'article L271-4 du Code de la construction et de l'habitation qui pose la règle : le vendeur fournit un dossier de diagnostic technique, dont le DPE fait partie, annexé à la promesse de vente (ou à l'acte authentique s'il n'y a pas de promesse). Le texte dit "fourni par le vendeur" sans préciser "payé par le vendeur", mais en pratique c'est la même chose : celui qui commande le document paie la facture du diagnostiqueur.
Pour la location, c'est l'article 3-3 de la loi du 6 juillet 1989 qui pose la règle, dans des termes voisins. Un dossier de diagnostic technique, fourni par le bailleur, est annexé au contrat de location à sa signature. Le bailleur paie et ne peut pas récupérer ce coût auprès du locataire, ni au moment du bail, ni plus tard dans une régularisation de charges.
Pour le neuf, la logique est la même mais le payeur change de nom. En VEFA, le DPE est initié et payé par le maître d'ouvrage, c'est-à-dire le promoteur, qui vous le remet au plus tard le jour de la livraison. Si vous faites construire votre maison sur votre propre terrain, vous êtes vous-même maître d'ouvrage, donc c'est à vous.
Qu'il soit ancien ou neuf, le DPE suit toujours le bien et celui qui le détient au moment de chercher un acquéreur ou un locataire.
Cette section est pour ceux à qui on réclame un DPE alors qu'ils ne devraient pas. Si la situation se présente, voici ce que la loi vous permet d'opposer.
Le DPE n'est jamais à votre charge. Il ne figure pas dans la liste des charges récupérables fixée par le décret n°87-713 du 26 août 1987. Aucun bailleur ne peut donc vous le facturer, ni en demande directe, ni en l'incluant dans la régularisation annuelle. Si la situation se présente, refusez par écrit en citant l'article 3-3 de la loi du 6 juillet 1989 et ce décret de 1987.
Cas particulier de la reconduction tacite : si votre bail se reconduit automatiquement, le bailleur n'a pas nécessairement à réaliser un nouveau DPE à chaque reconduction si un DPE valide existe déjà. En revanche, les règles de décence énergétique s'appliquent bien aux baux tacitement reconduits : depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G ne peut plus être loué, y compris lors d'une reconduction tacite. Vous pouvez demander à votre bailleur le DPE valide permettant de vérifier le classement du logement. Si aucun DPE valide n'est disponible, il appartient au bailleur de faire réaliser le diagnostic à ses frais.
L'article L271-4 dit que le DDT est "fourni par le vendeur" sans préciser explicitement qui en supporte la dépense. En pratique, la charge financière du DPE est indissociable de l'obligation de fourniture qui pèse sur le vendeur : c'est toujours lui qui voit sa responsabilité engagée en cas de DPE absent, périmé ou erroné. Lui demander de transférer la facture sans transférer le risque est un mauvais calcul pour lui. Si on vous propose un tel arrangement, c'est rarement à votre avantage.
Reste à savoir combien il faut budgéter. Le tarif n'est pas réglementé, chaque diagnostiqueur fixe librement ses prix, ce qui explique des écarts importants d'un devis à l'autre.
En moyenne nationale, comptez 100 à 250 € selon la surface et les spécificités du logement (fourchette ADEME). En Île-de-France, où la demande et les coûts fixes sont plus élevés, prévoyez plutôt 150 à 300 € pour un appartement et 250 à 500 € pour une maison, variable selon la surface et la complexité du bâti. Une étude Kiwidiag d'avril 2026, portant sur plus de 2 700 prix collectés, situe le prix moyen national à 188 € pour un T3 de 65 m² et 245 € pour une maison de 115 m², avec une hausse de 8 % sur un an et des écarts entre départements pouvant atteindre 41 %.
Cette hausse n'est pas un hasard. Avec le calendrier qui se durcit pour les passoires thermiques (logements classés F ou G), de plus en plus de propriétaires doivent faire refaire leur DPE, et les diagnostiqueurs ajustent leurs tarifs à la demande.
Si votre DPE date d'avant le 1er juillet 2021, il n'est plus valable depuis le 1er janvier 2025 : un nouveau DPE est à commander, à votre charge. Plus de fourchette "2018-2021" à vérifier, plus de doute : tous les DPE antérieurs à 2021 sont caducs.
Si vous disposez en revanche d'un DPE réalisé entre le 1er juillet 2021 et le 31 décembre 2025, vous n'avez pas besoin d'en commander un nouveau pour bénéficier du coefficient de conversion électricité passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026. Une attestation officielle gratuite est téléchargeable sur l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME (observatoire-dpe-audit.ademe.fr), à partir du numéro à 13 chiffres de votre DPE, sans nouvelle visite du diagnostiqueur. Pour un logement chauffé à l'électricité, elle peut faire gagner une à deux classes. Pour un logement chauffé au gaz, au fioul ou au bois, l'attestation existe également mais ne changera quasiment jamais votre classe si l'ensemble de votre chauffage et votre eau chaude reposent sur ces énergies, la part électrique résiduelle (éclairage, ventilation, auxiliaires) étant généralement trop faible pour faire bouger la classe. Si votre chauffage est au gaz mais que votre eau chaude est électrique (ballon thermodynamique ou classique), un effet plus net existe sur la part électrique du calcul, mais généralement trop faible pour changer de classe, la majorité de la consommation restant au gaz.
Aucune aide nationale ne finance un DPE. Pas de MaPrimeRénov', pas de CEE (Certificats d'Économies d'Énergie), pas de subvention ANAH (Agence nationale de l'habitat) sur ce poste. La confusion vient souvent du fait que l'audit énergétique, lui, est éligible à certaines aides, mais c'est un autre document, plus complet et plus cher, qui n'a pas le même rôle.
Côté fiscalité, un point qui peut alléger l'addition : si vous êtes bailleur au régime réel d'imposition, le coût du DPE entre dans vos charges déductibles des revenus fonciers. Si vous êtes propriétaire occupant, aucune déduction possible.
Trois situations échappent au schéma standard. Elles concernent beaucoup de monde.
Pratique commerciale très répandue : l'agence prend en charge le DPE (et parfois l'ensemble des diagnostics) en contrepartie d'un mandat exclusif, qui lui réserve la vente. À première vue, vous économisez 200 à 400 €. Mais lisez la clause avec attention.
Premier point de vigilance : si la vente n'aboutit pas dans le délai prévu, ou si vous rompez le mandat avant la vente, l'agence peut vous réclamer le remboursement, parfois à un tarif anormalement élevé. Chez Le Bon Scénario, on observe que ce DPE "offert" se retourne souvent contre le vendeur : ce qui paraissait gratuit finit par tomber sur la facture, à un montant supérieur à ce que vous auriez payé en commandant directement le diagnostic à un professionnel choisi par vous-même.
Second point : c'est l'agence qui choisit le diagnostiqueur, ce qui place ce dernier en situation d'apporteur d'affaires. La DGCCRF rappelle régulièrement que l'indépendance et l'impartialité du diagnostiqueur (article L. 271-6 du CCH) restent un point d'attention, en particulier quand le prestataire est choisi par l'agence elle-même plutôt que par le vendeur. Ça ne veut pas dire que le DPE sera faux, ça veut dire que la chaîne de confiance est moins claire qu'avec un diagnostiqueur que vous auriez choisi vous-même.
C'est un autre régime que le DPE individuel. Le DPE collectif évalue l'immeuble entier (parties communes, équipements collectifs), pas votre lot privatif. Depuis le 1er janvier 2026, il est obligatoire pour toutes les copropriétés dont le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013 (article L. 126-31 du CCH, loi Climat et Résilience). Cette date marque la dernière étape d'un calendrier qui visait déjà les copropriétés de plus de 200 lots depuis 2024 et celles de 51 à 200 lots depuis 2025. L'obligation s'applique même en l'absence de chauffage collectif.
Sa réalisation est votée en assemblée générale à la majorité simple de l'article 24, le syndic le commande au prestataire retenu, et son coût (1 000 à 5 000 € selon l'ADEME, le plus souvent 1 000 à 2 000 € pour une copropriété de moins de 50 lots) est réparti entre les copropriétaires aux tantièmes de charges. Si vous voyez apparaître une ligne "DPE collectif" sur votre appel de fonds, c'est normal, c'est votre quote-part. À ne pas confondre avec le DPE individuel de votre lot, qui reste à votre charge personnelle quand vous vendez ou louez.
Quand un bien est détenu en indivision (typiquement après un décès, avant le partage), c'est l'ensemble des indivisaires qui prend en charge le DPE pour la vente. En pratique, un héritier avance souvent les frais et se fait rembourser par les autres au moment de la répartition du prix de vente.
Ce que vous faites en fermant cet article.
Si vous êtes vendeur : prévoyez le budget vu plus haut, demandez deux ou trois devis à des diagnostiqueurs certifiés, et n'attendez pas la signature du compromis pour lancer le diagnostic. Le DPE doit déjà figurer dans l'annonce immobilière, dès la mise en vente, étiquette énergie et étiquette climat affichées. Attention aussi : si votre logement est classé E, F ou G en monopropriété (maison individuelle ou immeuble entier détenu par un seul propriétaire), un audit énergétique réglementaire est obligatoire en plus du DPE depuis le 1er avril 2023 (F et G) et depuis le 1er janvier 2025 (E). Comptez 800 à 1 500 € en Île-de-France, à votre charge également (article L. 126-28-1 du CCH). En copropriété, cette obligation ne s'applique pas, le DPE individuel suffit.
Si vous êtes bailleur : mêmes ordres de prix pour le DPE. Conservez la facture si vous êtes au régime réel. Vérifiez aussi la classe finale de votre DPE avant de remettre le bien sur le marché (G interdit en location depuis 2025, F en 2028). L'obligation d'affichage des étiquettes énergie et climat vaut aussi pour les annonces de location, pas seulement de vente.
Si vous êtes locataire : si on vous facture un DPE, refusez par écrit en citant les textes vus plus haut. Si le bailleur insiste, vous pouvez saisir la commission départementale de conciliation, gratuitement, avant tout recours judiciaire.
Si vous êtes acheteur : vérifiez que le DPE figure bien dans le dossier de diagnostic technique remis au compromis. S'il manque, ce n'est pas à vous de le commander. Un DPE absent ou erroné peut justifier de renégocier le prix, voire de demander l'annulation de la vente en cas de manquement caractérisé.