Oui, si votre appartement est chauffé à l'électricité, qu'il s'agisse de convecteurs, d'un plancher chauffant, d'une pompe à chaleur, ou si votre eau chaude sanitaire passe par un ballon électrique. Presque non, si votre chauffage est au gaz, au fioul, au bois, ou raccordé au réseau de chaleur de la CPCU (Compagnie parisienne de chauffage urbain) : seule votre part électrique résiduelle (éclairage, ventilation, auxiliaires) profite du nouveau coefficient, avec un poids trop faible pour faire bouger la classe. Si vous êtes concerné, vous pouvez télécharger gratuitement une attestation de nouvelle étiquette sur l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME, sans qu'un diagnostiqueur ait besoin de repasser chez vous.
Voilà la réponse courte. Le reste de l'article vous donne les critères pour vérifier votre cas en cinq minutes, et ce que cette attestation change vraiment, selon que vous occupez votre appartement, que vous le louez ou que vous êtes en train de l'acheter.
La réforme du 1er janvier 2026 ne touche qu'un paramètre dans le calcul du DPE : le coefficient qui convertit l'électricité consommée par votre appartement en énergie primaire. Ce coefficient passe de 2,3 à 1,9 (arrêté du 13 août 2025, publié au Journal officiel du 26 août 2025). Pour toutes les autres énergies (gaz, fioul, bois, réseaux de chaleur urbains comme la CPCU), le coefficient reste à 1. Rien ne change pour elles.
Concrètement, votre appartement gagne mécaniquement en performance affichée uniquement si une part significative de ses consommations passe par l'électricité. Plus cette part est élevée, plus le gain est important. Un studio tout-électrique voit sa consommation primaire baisser d'environ 17 %. Un T3 chauffé au gaz collectif avec quelques radiateurs électriques d'appoint ne bouge presque pas.
| Votre énergie principale | Coefficient avant 2026 | Coefficient depuis le 1er janvier 2026 |
|---|---|---|
| Électricité (radiateurs, plancher chauffant, PAC) | 2,3 | 1,9 |
| Gaz naturel | 1 | 1 (inchangé) |
| Fioul | 1 | 1 (inchangé) |
| Bois | 1 | 1 (inchangé) |
| Réseau de chaleur urbain (CPCU) | 1 | 1 (inchangé) |
Premier tri : si vous savez déjà que votre appartement est chauffé au gaz collectif ou par la CPCU, vous pouvez passer directement plus bas dans l'article. Pour tous les autres, voilà pourquoi cette question vaut le coup d'être posée à Paris.
Paris est la zone de France métropolitaine où la part de logements énergivores est la plus élevée. Plus de la moitié du parc parisien est classé E, F ou G, contre environ 41 % au niveau national (Insee Analyses Île-de-France, source SDES). Le parc est ancien, souvent haussmannien ou d'après-guerre, avec des murs en pierre de taille difficiles à isoler et des fenêtres en bois sous protection patrimoniale.
La particularité parisienne, c'est que ce parc ancien a été massivement équipé de chauffage électrique entre les années 1960 et 1990, surtout dans les petites surfaces du parc locatif privé. Plus de la moitié des passoires en immeuble collectif du parc locatif privé sont chauffées à l'électricité (SDES, données 2022). Ce sont exactement les logements qui profitent le plus de la réforme.
Les estimations sortent en chiffres : au niveau national, environ 850 000 logements quittent le statut de passoire grâce à la réforme selon l'estimation initiale du gouvernement, chiffre depuis revu autour de 700 000 résidences principales par le service statistique du ministère (SDES), sur les 4,8 millions de passoires recensées au 1er janvier 2023. À Paris, sur les 138 531 logements diagnostiqués F ou G, environ 35 % changent de classe sans travaux : 33 % des G basculent en F, et 64 % des F basculent en E (chiffres Coachcopro à partir de l'observatoire ADEME). Ce taux est plus du double de la moyenne nationale.
Reste à savoir où vous vous situez, vous, dans ces 35 %.
Trois critères suffisent à se situer. Vous pouvez les passer en revue en deux minutes, votre DPE sous les yeux.
Premier critère, votre énergie principale. Si votre chauffage et votre eau chaude reposent sur l'électricité, c'est gagné, vous êtes dans le périmètre de la réforme. Si l'un des deux est au gaz ou collectif sur la CPCU, la part électrique restante (l'eau chaude par exemple) pèse moins, et le gain sera plus modeste. Si tout est au gaz ou en réseau de chaleur, la réforme ne fait quasiment rien bouger : seule votre part électrique résiduelle (éclairage, ventilation, auxiliaires) en profite, avec un poids trop faible pour faire bouger la classe.
Deuxième critère, la date de votre DPE. Pour pouvoir télécharger l'attestation gratuite, votre DPE doit avoir été établi entre le 1er juillet 2021 et le 31 décembre 2025. Les DPE plus anciens ne sont de toute façon plus valables depuis le 1er janvier 2025, il vous faut un nouveau diagnostic. Les DPE édités à partir du 1er janvier 2026 intègrent déjà le coefficient 1,9, il n'y a rien à faire.
Troisième critère, votre marge à la classe inférieure. Le calcul reste le même, sauf qu'on multiplie votre électricité par 1,9 au lieu de 2,3. Sur la part électrique de votre consommation, la baisse est d'environ 17 %. Si vous étiez nettement dans le bas de votre classe, vous basculez. Si vous étiez en haut, vous restez probablement où vous êtes.
Voilà l'ordre de grandeur en pratique :
| Votre situation | Consommation primaire estimée après réforme | Bascule probable |
|---|---|---|
| Studio électrique 25 m², classé F à 350 kWh/m²/an | environ 289 kWh/m²/an | Bascule en E (seuil F/E à 330) |
| T2 tout électrique 45 m², classé E à 280 kWh/m²/an | environ 232 kWh/m²/an | Possible bascule en D |
| T3 gaz collectif 70 m², classé E à 240 kWh/m²/an | environ 240 kWh/m²/an | Aucune bascule |
| T2 électrique 50 m² classé C à 150 kWh/m²/an | environ 124 kWh/m²/an | Reste en C, proche du seuil B |
Ces exemples sont indicatifs, votre situation exacte dépend de la part précise de l'électricité dans vos consommations (chauffage, eau chaude, auxiliaires de ventilation). Un peu comme une moyenne au lycée : changer le coefficient d'une seule matière fait bouger la moyenne, mais le poids du changement dépend de combien comptait cette matière au départ.
Si la grille vous laisse penser que vous gagnez une classe, l'étape suivante prend cinq minutes.
Toute la démarche se passe en ligne, sur le site de l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME, et elle est gratuite. Aucun site privé ne doit vous facturer pour cette mise à jour, si on vous en propose une, c'est qu'on vous vend ce que l'État offre.
Le seul élément dont vous avez besoin, c'est le numéro d'identification de votre DPE. C'est un code à 13 chiffres, généralement imprimé en haut à droite de la première page du rapport. Ce numéro est attribué par l'ADEME quand le diagnostiqueur transmet votre DPE à la base nationale (article L. 126-32 du Code de la construction et de l'habitation). Sans ce numéro, votre DPE n'a aucune valeur juridique pour vendre ou louer, et c'est par lui que passe toute démarche en ligne, attestation comprise.
Une fois le numéro en main, la marche à suivre est la suivante :
L'attestation a la même valeur légale que votre DPE initial. Elle conserve la même durée de validité, soit jusqu'à la date des 10 ans du diagnostic d'origine. Vous pouvez l'utiliser indifféremment pour une vente, une location ou un dossier de financement. À conserver avec votre DPE initial, les deux documents fonctionnent ensemble.
Deux limites à connaître. Si vous avez fait des travaux d'isolation, changé vos fenêtres ou installé une pompe à chaleur depuis votre DPE, l'attestation ne suffit pas, il vous faut un nouveau diagnostic complet pour intégrer ces changements. Et si votre DPE date d'avant le 1er juillet 2021, l'attestation ne s'applique pas, mais vous avez de toute façon besoin d'un nouveau DPE puisque l'ancien n'est plus valable.
L'attestation est en main. La question d'après dépend de ce que vous voulez faire de votre appartement.
L'attestation ne fait pas grand chose au confort de votre appartement, mais elle peut faire bouger les lignes d'une négociation parisienne. Au niveau national, le Bilan immobilier 2025 des Notaires de France chiffre la décote d'un appartement classé G autour de 12 % par rapport à un équivalent classé D. À Paris, la décote est moindre, plus souvent dans la fourchette de quelques pour cent à 10 %, le marché tendu de la capitale amortissant l'effet du DPE sur le prix. Une classe qui passe de G à F, ou de F à E, change la photo que voit l'acheteur dès l'annonce, et peut peser dans la négociation sans bouleverser la valeur du bien.
Le second effet, plus discret, est administratif. Vendre un logement classé F ou G en monopropriété (un immeuble entier détenu par un seul propriétaire) impose la réalisation d'un audit énergétique réglementaire, étendu aux E depuis le 1er janvier 2025. Cet audit coûte 800 à 1 500 € en Île-de-France. Si votre appartement sort du statut de passoire grâce à l'attestation, et que vous étiez en monopropriété, l'obligation tombe.
Ce dernier point demande une précision importante pour les Parisiens. La quasi-totalité des appartements parisiens se trouvent en copropriété, pas en monopropriété. L'audit énergétique réglementaire à la vente ne s'applique donc pas à vous dans la plupart des cas. Si vous vendez votre lot dans un immeuble en copropriété classique, ce sont le DPE individuel de votre lot et, le cas échéant, le DPE collectif de l'immeuble qui jouent leur rôle, pas l'audit réglementaire de la monopropriété.
Du côté acheteur, le raisonnement s'inverse. Si vous êtes en cours de négociation sur un appartement parisien et que l'annonce affiche encore une étiquette F ou G calculée avant 2026, demandez au vendeur s'il a téléchargé l'attestation à jour. Si oui, votre marge de négociation sur l'argument "passoire thermique" peut s'être réduite. Si non, et si la bascule se confirme avec le nouveau calcul, vous achetez un bien dont l'étiquette officielle va changer en cours de transaction.
Un point à connaître, parce que la confusion est fréquente : l'attestation ne change ni la consommation réelle de l'appartement, ni votre future facture, ni le confort thermique en hiver. Elle change une règle de calcul. Un studio qui passe de F à E sur le papier a toujours les mêmes courants d'air aux fenêtres et la même note d'électricité en janvier.
Pour les bailleurs parisiens, c'est la section où les enjeux financiers sont les plus directs. Le calendrier d'interdiction de location des passoires thermiques continue à courir (loi Climat et Résilience). Un appartement classé G ne peut plus faire l'objet d'un nouveau bail ni d'une reconduction tacite depuis le 1er janvier 2025. Les F seront concernés au 1er janvier 2028, les E au 1er janvier 2034.
L'attestation peut vous offrir une bouffée d'air sur ce calendrier. Un appartement parisien chauffé à l'électricité, classé G, qui bascule en F grâce à la nouvelle règle, gagne deux ans avant l'échéance suivante. Un F qui bascule en E gagne six ans. Si votre G bascule en F grâce à l'attestation, vous récupérez le droit de renouveler le bail, de le laisser se reconduire tacitement, ou d'en signer un nouveau, sans qu'un nouveau diagnostic soit nécessaire.
Ce que l'attestation ne lève pas, en revanche, c'est le gel des loyers. Depuis le 24 août 2022 (loi Climat et Résilience, article 159), les logements classés F ou G ne peuvent plus voir leur loyer augmenté, ni au renouvellement, ni par indexation, ni par complément de loyer en zone tendue (Paris est en zone tendue). Pour sortir du gel, il faut atteindre la classe E. Un G qui passe en F sur l'attestation reste donc gelé sur ses loyers, même s'il sort de l'interdiction de location.
Un point à connaître pour les studios très énergivores : depuis le 1er janvier 2023, un logement dont la consommation dépasse 450 kWh d'énergie finale par m²/an reste interdit à la location, indépendamment de sa classe (décret n° 2021-19 du 11 janvier 2021). L'attestation, qui ne touche qu'à l'énergie primaire, ne lève pas ce verrou. Pour la plupart des appartements parisiens, ce seuil ne se déclenche que sur des cas extrêmes.
Voilà ce que ça donne pour les principaux cas parisiens :
| Votre situation après attestation | Votre obligation locative en 2026 |
|---|---|
| De G vous passez à F | Vous pouvez relouer et renouveler jusqu'au 1er janvier 2028. Loyer toujours gelé. |
| De F vous passez à E | Vous pouvez relouer et renouveler jusqu'au 1er janvier 2034. Loyer dégelé. |
| Vous restez en F ou en G | Calendrier inchangé, loyer gelé, F interdit en 2028 et G interdit depuis 2025. |
| Vous étiez déjà en D ou mieux | Pas d'interdiction de location, pas de gel des loyers, attestation surtout utile pour la revente. |
Un mot, pour finir, sur l'annonce qui a fait du bruit fin avril. Le Premier ministre Sébastien Lecornu et son ministre du Logement Vincent Jeanbrun ont présenté le 23 avril 2026 un projet de loi logement qui prévoit de rouvrir la location aux passoires thermiques sous condition d'un engagement de travaux signé sur trois ans (maison) ou cinq ans (appartement en copropriété).
Au 22 août 2026, le projet de loi n’est pas encore définitivement adopté. Il a été adopté par le Sénat le 8 juillet 2026 puis transmis à l’Assemblée nationale le 9 juillet, où la procédure législative se poursuit. Les assouplissements prévus pour les logements classés F et G ne sont donc pas encore applicables. En attendant une éventuelle adoption définitive, il convient de planifier les projets selon les règles de décence énergétique actuellement en vigueur.
Si votre appartement parisien fait 40 m² ou moins, vous êtes dans le cas le plus favorisé de tous. Une première réforme, antérieure à celle de 2026, a déjà corrigé un biais qui pénalisait les petites surfaces (arrêté du 25 mars 2024, en vigueur depuis le 1er juillet 2024). Elle a introduit des seuils spécifiques sous 40 m² et une nouvelle surface de référence. À Paris, environ 43 000 logements de moins de 40 m² en ont bénéficié, avec un gain d'une à deux classes pour environ 30 % des studios classés F ou G.
La réforme du 1er janvier 2026 vient s'ajouter à celle-là. Si votre studio est chauffé à l'électricité et qu'il a été diagnostiqué après juillet 2021, vous pouvez avoir profité de la première correction sur l'attestation petites surfaces, puis encaisser un second gain mécanique sur l'attestation 2026. Au niveau national, 41 % des logements de moins de 40 m² gagnent une classe au 1er janvier 2026 (chiffres Casam à partir des données ADEME). Le cumul des deux corrections peut faire monter votre studio de deux classes au total, sans qu'un seul travaux ait été engagé.
Avant de vous réjouir trop vite, faites le calcul à l'envers : si votre studio reste mal isolé sous les toits avec des fenêtres simple vitrage, c'est votre facture d'hiver qui parle, pas l'étiquette. La requalification administrative est précieuse pour la réglementation, elle ne tient pas chaud aux locataires.
Et si votre appartement est chauffé au gaz collectif ou par la CPCU ?
Votre situation se résume en une phrase : la réforme du 1er janvier 2026 ne change quasiment rien à la classe de votre logement. Le coefficient des réseaux de chaleur urbains comme la CPCU, comme celui du gaz, du fioul et du bois, reste à 1. C'est l'électricité, et elle seule, qui a vu son coefficient bouger. Seule votre part électrique résiduelle (éclairage, ventilation, auxiliaires) profite du nouveau coefficient, avec un poids trop faible pour faire bouger la classe.
À Paris, ce n'est pas une situation marginale. Près d'un million de Parisiens sont raccordés au réseau de chaleur urbain géré par la CPCU. Beaucoup d'immeubles haussmanniens et d'immeubles d'après-guerre fonctionnent au chauffage collectif gaz. Dans les deux cas, l'attestation gratuite de l'ADEME existe bien, mais elle ne fera quasiment rien bouger sur votre étiquette puisque le mécanisme qu'elle applique ne concerne pas votre énergie principale.
Notez aussi que depuis le 1er janvier 2026, le DPE collectif est devenu obligatoire pour toutes les copropriétés de 50 lots ou moins dont le permis de construire est antérieur à 2013 (article L. 126-31 du CCH). Si votre immeuble n'en a pas encore, le syndic doit le faire réaliser. Ce document n'agit pas sur votre DPE individuel, mais il éclaire les arbitrages de l'AG sur les travaux à l'échelle du bâtiment.
Le levier, pour vous, n'est pas la mise à jour réglementaire de 2026. Il est dans l'isolation du bâti, et cette isolation se joue rarement seul dans son lot. En copropriété, les gros postes (ravalement avec isolation par l'extérieur, isolation des combles, remplacement des fenêtres communes) passent par l'assemblée générale et par le plan pluriannuel de travaux. Les leviers individuels existent aussi (fenêtres si elles sont privatives, calfeutrage, optimisation du chauffage), mais ils pèsent moins lourd sur le DPE.
Chez Le Bon Scénario, on observe que les copropriétaires parisiens dans cette situation hésitent souvent entre attendre une AG décisive et engager des travaux individuels. Aucune des deux options n'est mauvaise dans l'absolu, c'est l'enchaînement qui compte. Un état complet du logement (déperditions, vétusté du chauffage individuel le cas échéant, état de la ventilation) permet de savoir ce qui vaut le coup de faire seul, et ce qu'il faut absolument que la copropriété fasse ensemble.